REHPERE ?

Le Réseau en Épistémologie et en Histoire de la Pensée Économique Récente (REHPERE) rassemble des recherches sur l’évolution de la discipline économique de la fin du XIXe au début du XXIe siècle. REHPERE est un réseau de chercheurs qui s’appuie sur l’équipe de Recherche en Épistémologie et en Histoire de la Pensée Économique Récente, l’une des équipes du Centre d’économie de la Sorbonne (CES, axe « institutions et régulations », UMR 8174 du CNRS - Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne). REHPERE réunit des chercheurs appartenant à d’autres centres de recherche, mais dont les membres partagent des programmes de recherche en commun.

Les membres de l’équipe REHPERE posent la question de l’évolution des relations que l’économie entretient avec les autres disciplines. Nos thèmes communs sont : le dépassement de l’individualisme méthodologique, les rapports entre les représentations économiques et les politiques publiques, le rôle des économistes dans l’expertise, l’analyse du rôle des outils (modélisations, simulations, expériences, etc.) de la science économique dans les controverses de méthodes mais également en dehors du monde universitaire (sphère publique, expertise, tribunaux). Les travaux de l’équipe REHPERE s’organisent aujourd’hui autour de cinq volets historiques et épistémologiques : méthodologie des théories et des pratiques économiques ; macroéconomie depuis les années 1970 ; économie et psychologie ; microéconomie théorique et appliquée ; économie publique et économie politique des pouvoirs.

Un premier volet est consacré à l’épistémologie et à la méthodologie des théories et des pratiques économiques aux XXe et XXIe siècles. Il inclut les recherches de Jérôme Lallement sur l’épistémologie de Léon Walras, ou sur l’histoire et l’évolution de l’opposition entre individualisme et holisme méthodologiques ; celles de Cristian Frasser sur les pratiques monétaires et la nature de la monnaie ; celles de Juan Melo sur les relations entre cybernétique et économie depuis les années 1940 ; ou encore celles de Nathanaël Colin-Jaeger sur l’ontologie sociale et l’anthropologie libérale. Par ailleurs, on trouve aussi les travaux de Nicolas Brisset sur la performativité et sur l’économie des conventions, ceux de Justine Loulergue sur les métaphores de l’équilibre, ou encore ceux d’Annie L. Cot sur l’émergence de l’expertise économique, l’institutionnalisation des « séminaires » dans la discipline et l’entrée des femmes dans la profession académique en France.

Ce deuxième volet est consacré à l’histoire de la macroéconomie depuis les années 1970. Ces travaux s’intéressent aussi bien à l’évolution des théories qu’à la transformation des pratiques économétriques, à la frontière entre académie et expertise. Ce volet inclut les recherches de Matthieu Renault sur Edmond Malinvaud, les travaux d’Aurélien Goutsmedt sur la transformation de la macroéconomie dans les années 1970, ceux d’Erich Pinzón-Fuchs sur Lawrence Klein et le développement de macro-économétrie, ainsi que les recherches de Francesco Sergi sur l’histoire des modèles DSGE. Thomas Delcey s’inscrit également dans ce deuxième volet avec l’analyse épistémologique de l’hypothèse d’efficience des marchés. Les travaux de Quentin Couix proposent des analyses de la croissance qui intègrent les recherches de N. Georgescu-Roegen sur la thermodynamique.

Un troisième volet est consacré à l’histoire des relations entre psychologie et économie. Il inclut les travaux d’Annie L. Cot sur la « pré-histoire » des faits expérimentaux ainsi que ses travaux sur le Harvard Pareto circle.  Une partie de l’équipe travaille également sur les nouvelles directions de la recherche économique depuis le « tournant empirique », en particulier la neuroéconomie (Nicolas Vallois) et l’économie expérimentale et comportementale (Dorian Jullien). La thématique de la confiance est au cœur des travaux de Pierrick Dechaux sur les indicateurs de satisfaction des ménages et de Nicolas Camilotto sur l’histoire de l’économie de la confiance depuis les années 1980 à l’interface avec la sociologie. Jean-Sébastien Lenfant poursuit des recherches sur les théories de la consommation au miroir de la psychologie et de l’économie. Niels Boissonnet et Guilhem Lecouteux travaillent sur la formation endogène des préférences individuelles, en particulier Niels Boissonnet développe une analyse qui veut dépasser les conceptions traditionnelles fondées sur des préférences données et stables dans le temps, Guilhem Lecouteux explore de son côté les implications normatives en matière de politiques publiques de ces changements endogènes de préférences.

Un quatrième volet s’intéresse à l’histoire et à l’épistémologie de la microéconomie récente. Les recherches de Judith Favereau portent sur la philosophie de l’économie du développement, et en particulier sur les expériences de terrain contrôlées randomisées. Guillaume Noblet travaille sur l’histoire des expériences économiques en agriculture aux Etats-Unis dans l'entre-deux-guerres. Cléo Chassonnery-Zaïgouche et Annie L. Cot travaillent sur l’histoire de la controverse « à travail égal salaire égal » au Royaume-Uni. Plus généralement, Cléo Chassonnery-Zaïgouche travaille sur l’histoire de l’économie des discriminations comme domaine de savoir et d’expertise. Tom Juille inscrit également ses recherches sur l’identité des agents dans ce volet.

Enfin, le cinquième volet s’intéresse aux « biens qui ne sont pas privés » et au pouvoir. Les travaux de Jérôme Lallement sur le dépassement de l’individualisme méthodologique et ceux de Maxime Desmarais-Tremblay sur les biens « méritoires » et la souveraineté du consommateur s’inscrivent dans ce volet. Raphaël Fèvre travaille sur l’économie politique du pouvoir, et notamment l’histoire de l’ordolibéralisme. Avec Nicolas Brisset, il participe à un programme de recherche sur l’économie et les économistes durant le régime de Vichy, qui inclut également François Allisson, Tom Juille et Cléo Chassonnery-Zaïgouche. Maria Bach étudie comment des économistes indiens ont façonné un concept de développement au tournant du XIXe siècle dans un contexte de colonisation.

Cercle d’Epistémologie Economique

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Séminaire Albert O. Hirschman

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Séminaire REHPERE

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